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Bondoukou
 
 
 
Bondoukou est une ville du nord-est de la Côte d’Ivoire, proche du Ghana. Connue pour ses nombreuses mosquées, d’où l’appellation de « la ville aux mille mosquées » elle est l’une des plus vieilles villes du pays.
Des hauteurs qui surplombent le wamo, petit cours d'eau, la vue embrasse, dès l'entrée une ville étendue aux maisons biens disposées et modernes ou émergent une multitude de minarets qui ne manquent pas de surprendre
 
 
Géographie

Située à 400 km d'Abidjan, la grande métropole administrative et politique de la Côte d'Ivoire, Bondoukou, cité millénaire est aussi une ville chef- lieu de commune. Elle est très hétérogène. En effet, trois grands groupes ethnoculturels ont fourni le socle du peuplement autochtone. On distingue:
• Le groupe voltaïque avec les koulango, les Nafana, les Gbin, les Noumou, les Djimini, les Lobi et les Degha (Motiamo),
• Le groupe Akan avec les Abron
• Le groupe Mandé avec les Malinké appelés Dioula
Les Koulango forment le plus important groupe ethnique de la région dont la langue s'est imposée et est la plus parlée dans toute la région.
Les Nafana qui sont issus du groupe Senoufo de Sinématiali constituent une curiosité de la région.
Les Gbin, les Noumou et les Degha sont de petits groupes que l'histoire apparente aux Gouro notamment aux Ngen établis sur la rive Ouest de la Comoé près de Mbahiakro. Ils seraient venus avec les Nafana à la recherche de l'or et du fer.
Les Djimini ne forment que quelques familles qui se sont installées dans la région, notamment dans la ville de Bondoukou ou ils ont constitués un quartier dénommé Djiminisso.
L'histoire affirme qu'ils sont venus comme des captifs achetés par les rois Abron ou vendus par les troupes de Samory.
Les Lobi sont venus de Bouna et vivent en familles dispersées dans des campements autour de la ville.
Aujourd'hui les Lobi sont les plus gros producteurs d'ignames et de maïs. Ce sont eux qui ravitaillent principalement le marché de Bondoukou.
Les Abron ont crée un royaume puissant et très policé dont bien d'historiens ont loué l'harmonieuse structure .Leurs rites et traditions se sont imposés aux autres groupes. Les structures du royaume existent encore et le roi est toujours une autorité politique et morale importante dans la région. La vie sociale des Abron est toute marquée d'un caractère ostentatoire, ce qui a contribué à développer un artisanat particulièrement riche et un art funéraire des plus originaux.
Les Dioula ont fait de Bondoukou leur berceau, leur "ville". Le paysage urbain et la vie politique, économique et sociale sont imprégnés de l'islam.
Ils se sont spécialisés dans le commerce .Sous leur influence, Bondoukou était devenu en 1666 un grand centre religieux possédant même une célèbre université coranique.
Ils constituent aujourd'hui une communauté très solidaire à fort pouvoir assimilationniste grâce à leur religion.
De la diversité des origines des sous - groupes qui composent l'ensemble Dioula et compte-tenu de leurs différents apports, il est né un dialecte spécifique dont le parler et les idiomes sont différents des autres parlés Dioula.
Tous ces peuples venus d'horizons divers se sont établis dans la commune entre le 16è et 19è siècle .Dans le passé très lointain, Bondoukou devait être certainement un lieu aux atouts économiques importants car tous les groupes en ont fait leur principal point de chute.
C'est de ce point qu'ils essaimé dans la région
La recherche de l’or, les guerres, l'islam, les alliances militaires et matrimoniales ont entraîné un fort brassage des populations faisant ainsi de la commune une aire de peuplement polyethnique particulière.
En effet, les différents groupes se sont interpénétrés tant et si bien qu'il est aujourd'hui difficile à un profane de décliner avec aisance l'identité ethnique d'un individu. Seuls de rares généalogistes peuvent le faire.
Les mariages inter-ethniques, l'uniformisation des patronymes, l'imposition du koulango et du dioula comme langues véhiculaires, l'assimilation par l'Islam de nombreux Abron- Koulango au groupe malinké, l'influence des groupes Akan, ce sont autant de facteurs qui ont brouillé bien de généalogies, gommé les différences et forgé cette unité dans la diversité et cette tolérance religieuse si respectée et admirée de tous.
En effet, à l'ombre des mosquées ostentatoires, églises et temples ont fleuri dans la discrétion car moins bien marqués dans le paysage.
Avec ce melting pot original, Bondoukou préfigure déjà l'image de la Côte d'Ivoire de demain.


La ville couvre une superficie urbanisée de 930 ha et une superficie lotie de 1080 ha. Ses limites qui se situées à 10 km autour de la ville, englobent six villages (soko, Motiamo, wélétchéi, Abema, sangguéhi, Goli) et six campements (Allaladougou, Digowèri, Kongodjan, Takoutou, Tangba, Sama).
Le relief de Bondoukou est relativement plat. Il n'y a pas d'accident topographique majeur et les pentes de terrain n'excèdent nulle part 6 %. La végétation est une alternance de savanes arborées et de forêts - galeries; ce qui donne lieu à de pittoresques paysages que mettent en valeur les hauteurs des collines périphériques proches.
La commune compte 65350 habitants dont 50 350 pour la commune et 15000 pour les villages. La composition de la population de la commune est à l'image de celle de la région.

 
Histoire

A l'origine, Bondoukou était un campement de chasseurs lonrhon. Ce campement a été transforme en village par les nafana et les Gbin sous groupes senoufo, attires par les richesses en or du Denkyra et de l'Ashanti (Ghana).Ensuite, elle passa successivement sous le contrôle des koulango, des Abron et des malinké.
Ces derniers, venant de leur métropole Begho, vinrent s'installer à Bondoukou en 1666 attirés par l'or et le commerce caravanier. Sous leur influence, Bondoukou devint à la fois un grand centre religieux avec la construction d'une université coranique et une ville de commerce, la cite marchande du royaume Abron, ville- relais entre les Etats Akan et les villes Mande de la vallée du Niger.
Grosse agglomération de l'époque, Bondoukou constituait une plaque tournante située à l'intersection des grandes voies conduisant au pays du sel au Nord (Djenné, Tombouctou…) au pays de l'or à l'Est (Gold Coast) et au pays de la cola au Sud- Est (Assikasso…)
Bondoukou fut ainsi un centre d'interet extrement important ou se nouaient et s'organisaient les transactions commerciales les plus diverses.
Aujourd'hui, trois édifices, la maison de Samory Touré (Le Résistant) la case de Binger (l’Explorateur) et l'ancien marché transformé en musée d'art et des Traditions (sis au rond- point du centre- ville) demeurent les seuls vestiges de l'époque.
Le royaume Abron de Bondoukou
Les Abron installés dans la région de Bondoukou sont originaires d'Akwamu (région située au sud-est du Ghana, près du fleuve volta); un conflit de succession au trône décida la branche cadette des parties en présences à émigrer à l'ouest, elle alla d'abord se réfugier à Kumassi.
Mais l'alliance avec les Ashanti ne fit pas long feu, chassés par ces derniers, les Abron s'installèrent dans la région de Dôma (Wam) au Ghana; Toujours poursuivis par les Ashanti, ils vinrent finalement demander asile politique aux Nafana de Gontougou (Bondoukou). Leur chef Tan-Date fit serment d'amitié, de non belligérance avec le chef Akomi des Nafana; C'est à ce moment qu'ils reçurent le surnom de Gyaman (ceux qui ont abandonné le pays) par leurs parents restés au Ghana. Installés à Zanzan, leur premier village en terre ivoirienne, les guerriers Abron entreprirent une série de guerres de conquête; Ils soumirent les Nafana, les Koulango de Nassian et ceux de Bouna. Les Abron installèrent de cette façon un royaume puissant, bien organisé et prospère; Dans ce pays la succession au trône principal se fait dans le clan maternel (d'oncle à neveu ou de frère à frère utérin), tandis que celle au trône de province se fait dans le clan paternel (de frère à frère ou de père à fils). La guerre de conquête contre les Anno échoua, le roi Koffi Fofié, fait prisonnier, fut mis à mort avec toute sa suite. Son tabouret et ses tambours se trouvent à Famienkro comme trophées de guerre.

Dans le royaume abron, chaque roi installe le chef-lieu du pays dans un village de son choix; Ainsi, Zanzan, Yakassé, Erebo, Amanvi, Tabagne, Assuéfri etc. furent à tour de rôle, capitales. C'est un royaume bicéphale, après le règne d'un Zanzan, c'est un Yakassé qui lui succède.

Mécontents de voir un puissant royaume se développer en-deçà de la rivière Tain, les Ashanti une première expédition punitive contre les Abron; Le roi abron Abo-Mri fut tué à Kong au combat à la tête de son armée.
Lors de la seconde expédition, l'armée d'Adingra Kuman fut détruite sur la rivière Tain près de Bondoukou; ces revers contre les Ashanti placèrent le royaume abron en état de vassalité jusqu'en 1874, date de l'arrivée des Anglais; Les Abron furent également soumis à Samory en 1895.

Le royaume de Abron-Gyaman existe toujours, malgré son infortune de Bondoukou reste le plus puissant et l'un des mieux organisés de toute la Côte d'Ivoire.

 
 
 
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